L’Interview Croisée sur le projet Remote CTRL

11 août 2016

Bonjour à vous trois ! Manu, est ce que tu peux présenter UZFUL ?

Emmanuel Beaufils / UZFUL


EB : UZFUL c’est une agence de conseil et de réalisation en communication et marketing.

Grâce à un important travail de recherche nous tentons de répondre de la façon la plus innovante et sincère aux missions qui nous sont soumises par nos clients.

Tu peux en dire plus sur votre approche ?

EB : Cela passe par le fait d’aller explorer et faire de la veille dans tous les domaines confondus pour ramener à l’intérieur de l’agence de nombreuses pistes afin de nourrir nos idéations.

Cela représente une partie importante de notre activité, de notre chiffre d’affaire. Grace à cela, une partie de notre staff va par exemple tester de nouvelles encres, apprendre une nouvelle technique de Brainstorming, découvrir une nouvelle carte électronique ou aller à la rencontre de nouveaux prestataires. ce qui nous permet d’être toujours en avance.

Aujourd’hui vous avez tellement grossi que vous avez du quitter le lieu, pourtant vous avez conservé un pied à ICI Montreuil, Pourquoi ?

EB : L’intérêt ICI Montreuil mais ca on l’a déjà dit un millions de fois, c’est de nous permettre de découvrir en permanence de nouveaux projets, faire de nouvelles rencontres, car dans un espace comme celui là, c’est tout autour de soi que les choses bougent. Cela représente pour nous un véritable investissement car cela n’arrive pas quand tu bosses « en solo »

Clément tu peux a ton tour présenter ta boite.

Clément Chériot  / NoveLab by AudioGaming

CC : AudioGaming fait des plugins de Sound Design pour le cinéma ou les jeux vidéo. Puis au fur et à mesure nous avons vu se développer une activité d’un nouveau genre et c’est comme cela que Novelab est né, une marque de solutions interactives qui se décline avec 3 activités principales
– Tansmedia et Jeux vidéo : Il s’agit d’applications multi-supports destinées à l’audiovisuel et aux nouvelles formes de communication.
– La réalité virtuelle avec des projets comme Note on Blindness qui est sortie ressèment.

 

Est ce que tu peux en dire plus sur NoteOnBlindNess avant de continuer ?

CC : Note On Blindness, c’est un projet basé sur 6 heures d’enregistrement d’un théologien des années 70. Après avoir perdu la vue, il a décidé de décrire comment il percevait l’espace par rapport aux sons. Nous avons utilisé ses enregistrements et avons créé un projet de réalité virtuel pour immerger l’utilisateur dans son univers.

 

Merci ! Quel est le dernier axe sur lequel travaille Novelab ?

CC : Le troisième axe c’est les installations interactives, Il s’agit d’installations avec des capteurs, de la technologie kinec, du arduino, des écrans tactiles, du mapping vidéo et tout un tas d’autres nouvelles technologies pour tous types d’installation.

Comme disait Manu sur le fait d’être ICI c’est qu’il y a le fablab pour le prototypage rapide mais pas que, il y a aussi les autres corps de métiers qui peuvent nous permettre de faire émerger de nouvelles idées.

 

Est ce que tu peux présenter le lab 212 ?

CC : Le Lab 212, il s’agit d’un collectif d’anciens étudiants qui a participé au projet Remote CTRL. Ils possédent tous types de profils, du directeur artistique, au designer en passant par les créatifs codeurs. Leur spécialité était les installations interactives. C’est donc pour cela que Novelab a fait appel à eux.

 

Pierric, c’est enfin à ton tour

Pierric Verger / ICI Montreuil
PV : Pour me présenter, je suis Pierric, le FabLab Manager d’ICI MONTREUIL. Je m’occupe de l’Espace Conception  qui est là pour apporter une solution numérique aux personnes en résidence chez nous ainsi que pour proposer des prestations de prototypage pour les entreprises extérieures.
Mon rôle varie entre assurer des prestations en conception (design et électronique) et / ou de la fabrication.

Manu est ce que tu peux en dire plus sur le déroulement du projet ?

EB : Avec notre équipe nous avons conçu une idée : Une PlayStation 4 qui sera actionnée par un automate. Nous souhaitons proposer à Sony un objet connecté avec une dimension mécanique.

Novelab nous a validé la faisabilité du projet : Clément a été en charge de la dimension électronique et interactive, le Lab212 de la question esthétique et enfin Pierric de la conception mécanique et de la fabrication.
Ainsi chacun a apporté un savoir-faire essentiel au projet.

Ok, mais quel était exactement votre rôle à vous ?

EB : UZFUL à fait la gestion de projet, ou maitrise d’ouvrage si tu préfères. Nous avions deux chefs de projet : Maxime  qui a travaillé avec tous ceux dont je viens de citer les noms pour la partie techno/fabrication puis David qui lui a travaillé sur toute la dimension digitale, web et code avec : Créaktif & Manu Bonnet pour la création du dispositif web & mobile ainsi que Sushee pour la création des niveaux customs du jeu Little Big Planet.
Nous nous chargions de faire la jonction technique entre les deux équipes. Ce qui nous a permis de faire avancer le projet en parallèle, ce qui était indispensable car nous disposions de peu de temps.

il y avait bien  un point de regroupement, une connexion entre toutes les équipes non ?

PV : le point de regroupement entre ces deux dimensions du projet c’était un serveur sur lequel nous devions faire parvenir les informations émanant de l’automate ; après le reste était a la charge de l’équipe Digitale

Et ca c’est fait sans complication ?

CC : Oui et c’est dû à quelque chose d’important : Uzful possède toutes les connaissances pour comprendre les différentes dimensions du projet, on était donc parfaitement en mesure de suivre les idées et de guider les équipes.

Sony ne nous a pas contacté avec un projet délirant, ils étaient conscients, au vu du temps dont nous disposions de ce qu’il était possible de faire. Ils ne nous ont pas demandé un robot humanoïde hyper réaliste qui va jouer a la PlayStation… en sachant que nous avions un délai de 12 semaines.

Ils comprenaient parfaitement ce qu’il était possible d’envisager et ce a quoi nous allions êtres plus ou moins confronté.


Qui gérait la conception et les problématiques techniques ?

EB : En fait la conception tout le monde y a participé à par peu être le concepteur du site web à qui on a donné un cahier des charges et qui a bossé comme un dingue pendant 1 mois et qui a créé un système Nickel !

PV : Les solutions étaient toujours issues de discutions. La proximité permettant de discuter dès qu’il y avait le moindre problème.

 

Qu’est ce qui a été le plus important dans ce projet ?

CC : l’un des facteurs important de ce projet à vraiment été la proximité, ça a amélioré notre complémentarité et aussi permis de gérer les délais. Nous étions en Octobre et devions livrer le projet en Décembre, clairement c’est un projet qui aurait été impossible à réaliser si le FabLab, les concepteurs et le reste de l’équipe n’étaient pas en contact direct. C’est un peu comme ci nous avions été dans la même agence.

Est ce que vous pouvez me donner un exemple qui illustre ca ?

EB : Un exemple concret ? A un moment nous nous sommes rendus compte qu’il était impossible de bosser avec la croix directionnelle de la manette. Dans la version 2 du jeu c’était possible et nous, nous devions présenter la version 3, mais celle ci n’était pas encore sortie et Sony ne pouvait pas encore nous la fournir. Bref nous avons dû trouver une solution pour pouvoir permettre à l’automate d’utiliser le Joystick afin que le personnage puisse se mouvoir

CC : C’est à ce moment là, que le FabLab a montré tout son intérêt, grâce aux outils de prototypage rapide

PV : Il nous a fallu 2h30 entre la concertation autour du problème, et le test de la solution imprimée en 3D

Est ce que ce genre de projet ne s’inscrit pas dans une nouvelle tendance ? 

EB : Carrément, enfin, par ce genre de projet tu entends quoi ? Un projet qui mettrait en jeu les nouvelles techniques de prototypage, l’agilité des machines à commandes numériques, le web et l’électronique physique ?

Exactement.

EB : Bah oui, de plus en plus… Pierric vient de finir un projet connecté pour Air BnB et AKQA, Clément a fait un projet pour Chanel et un autre pour la Cité de l’Espace qui sort en octobre.

Clément tu peu nous faire un résumé sur ce que tu fais pour la cité de l’espace ?

CC : C’est une installation interactive avec des capteurs style Kinect dans des totems mais aussi des écrans tactiles …  je ne peux pas en dire plus.

Et toi Pierric tu peux m’en dire plus sur le projet pour Air BNB ?

PV : Il s’agissait d’une sonnette connectée pour une campagne publicitaire d’air BNB, c’est l’un des dispositifs de leur campagne dont nous avons dû faire la conception électronique, le design et la programmation.

Clément, tu as l’air de vouloir réagir ?

CC:  Yes, avant les marques voyaient ces installations et objets interactifs dans une dimension beaucoup plus artistique et elles avaient peut être moins confiance. Maintenant avec les technos qui se sont démocratisées, les corps de métiers qui se mélangent et s’assemblent, cela permet la naissance de beaucoup plus de projets dans ce genre. C’est plus facile, plus rapide et donc ça coûte moins cher et ça reste spectaculaire ; Le tout couplé avec la portée des réseaux sociaux, cela devient de puissants outils de Pub.

EB: Aujourd’hui il y a pleins de gens qui font du web et du jeux vidéo alors qu’avant ils n’auraient pas pu parce que cela n’était pas fait avec le même langage informatique. Et c’est la même chose dans la fabrication. Aujourd’hui je peux fabriquer une table si je sais me servir d’un outil de CAO, il me suffit d’envoyer mon document sous un format spécifique dans une machine de découpe numérique et le tour est joué !

 

OK mais ca c’est parce qu’il s’agit de personnes qui sont des programmateurs / codeurs ?

PV : Non non, la techno est devenue grand public, après il y a ceux qui se plongent dedans et ceux qui ne le font pas mais en tous cas elle est devenue accessible et c’est surement pour ça que l’on voit beaucoup plus apparaître ce genre d’installations.

CC : la documentation est accessible grâce à des tutos sur internet

PV : les savoir-faire sont accessible mais surtout, la techno est abordable financièrement.

Okay donc vous êtes capable de bricoler des installations mais qu’est ce qu’il en est des objets ?

EB : Actuellement on bosse chez uzful toujours dans cette logique de laboratoire sur plusieurs objets connectés, principalement sur des questions d’usage plus que sur des révolutions technologiques. On n’a pas vocation à inventer de nouveaux composants électroniques mais on peut le faire et ce n’est pas hors de prix. Aujourd’hui dans un plan Com, tu peux typiquement envoyer un objet qui raconte ton message comme les lettres dans Harry Potter.

Avant tu ne pouvais pas raconter une histoire avec des objets. Tu me diras  qu’il y avait les cassette ou les CD-Roms mais là je te parle d’un petit objet parfaitement autonome à usage immédiat. c’est une part de notre business et puis c’est génial a faire.

Donc il est possible de repenser le principe de la petite carte musicale d’anniversaire ?

EB: Voilà, tu vois cette carte dont tu es en train de parler, du fait que les technologies sont devenues beaucoup plus accessibles et bien les fabricants ont arrêté de faire du hardware custom, pour faire les petites cartes qui chantent et ils utilisent du hardware générique.
L’avantage de cela c’est que ces hardware standards sont super faciles à hacker donc tu prends ta carte toute simple qui chante joyeux anniversaire, tu souhaite remplacer ça par une chanson grivoise pour faire une blague à un de tes potes. Il te suffit de décoller la carte, prendre la micro SD de 200mb qui est dedans et qui coûte 2 centimes en chine et tu y mets ton enregistrement en MP3 et c’est fini. La technique nécessaire pour la hacker n’est pas folle mais finalement, le plus intéressant c’est l’approche des industriels qui a changé.

 

En gros l’intérêt c’est que ça coûte moins cher et que c’est plus simple ?
PV : Oui, ce qui représentait un lecteur MP3 à 200€ il y a dix ans, aujourd’hui cela coûte quelques centimes pour le mettre dans une carte d’anniversaire.

EB : Et puis surtout c’est toujours la même carte, déjà qu’avant quand tu démontais une imprimante tu récupérais 200 composants utiles, aujourd’hui c’est toujours vrai. Si tu souhaites récupérer des pièces pour bidouiller des trucs c’est possible après il faut s’y connaître un peu en électronique et savoir récupérer des infos plus spécifiques comme celles d’un cerveau moteur et ce à partir de son numéro de série.

 

Là on a carrément dérivé, on aborde presque le Hacking et c’est un autre sujet trop vaste et trop passionnant pour tenir dans cette interview. Manu, est ce que tu aurais une dernière piste sur les outils que vous utilisez pour essayer de me résumer ton idée ?

EB : Ok, aujourd’hui on a des Opérations de Com qui reposent sur le fait de passer par deux ou trois services web nous permettant de créer de nouvelles « features » pour les smartphone ou pour faire chanter un objet à distance très facilement en partant de différents composants génériques que tu remixes. Je t’ai perdu là non ?

Totalement ! Merci pour toutes ses infos, on a carrément changé de sujet sur la fin mais ça donne pas mal d’idées et de pistes sur comment les choses évoluent, et surtout ça donne une ou deux idées de trucs fun a faire. Est ce que vous auriez une dernière chose à dire ?

EB:  Bah on aimerait juste qu’il y a d’autres projets comme ceux ci.

Dernièrement il y a eu des projets que l’on aurait souhaitez intégrer au FabLab  d’ICI Montreuil mais malheureusement ce n’était pas possible car ils étaient plus orientés Software. Donc on attend le prochain projet plus Kraft et on remet ca !