Contribution écologique de l’artisanat

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07.04.2020

Production locale, sélection des produits et consommation personnalisée : l’artisanat est une alternative plus éthique aux consommations industrielles. De ce fait et depuis quelques temps, de nombreux artisans misent sur des productions écoresponsables. Lumière la démarche écologique.

 

Le lien entre artisanat et écologie n’est pas une évidence. Tous les artisans ne travaillent pas selon des méthodes de production et avec des matériaux écologiques (comme le béton ou le sable par exemple).

Néanmoins, des solutions existent et nombreux sont les artisans qui intègrent le facteur écologique dans leurs travaux. Le mode de production artisanal présente une éthique qui permet de limiter son empreinte écologique.

En effet, les artisans définissent eux-mêmes une ligne directrice dans leur production. Ils possèdent une liberté créative que l’industrie ne peut pas toujours se permettre. C’est pourquoi certains artisans réduisent leur empreinte écologique dès la sélection des matières premières et ce, dans tous les domaines d’activité.

 

Le Moulin du Courneau, en Gironde, offre par exemple la possibilité à des artisans-boulangers de travailler leur pain avec une farine respectueuse de l’environnement, produite en France et cultivée selon des pratiques bio. Dans le domaine de la mode, les façonniers tendent à concevoir des pièces écoresponsables (coton biologique, laine biologique, cuir à tannage végétal…). Des matériaux ont même été créés spécifiquement pour ne pas polluer. C’est le cas du Tencel Lyocell, une fibre produite à partir de pulpe de bois (feuillus, eucalyptus et bambous). Elle est réputée comme étant la reine des matériaux eco-friendly dans le domaine de la mode.

D’autres limitent leur empreinte en misant sur le recyclage des matières, la démarche dite du “zéro déchet” se popularisant en France. À ICI Montreuil, les artisans ont accès à une chutothèque dans laquelle sont placés les déchets. Chaque artisan peut se servir dans cette chutothèque lorsqu’une pièce l’intéresse. Dans certains cas, cela évite aux artisans de consommer de la matière première neuve.

 

 

L’avis de Cécile Michel – résidente d’ICI Montreuil et fondatrice de matmo & co, entreprise artisanale spécialisée dans la création de panneaux décoratifs, portes et façades de tiroirs personnalisables selon une démarche écologique.

matmo and co ICI Montreuil rest’ici
Facade porte matmo and co

 

Quelle est la première motivation d’un consommateur qui s’adresse à un artisan ?

Un consommateur qui se tourne vers un artisan souhaite acheter un objet qui lui ressemble. Il apprécie également de faire travailler un producteur local. Sa démarche est d’abord éthique avant d’être écologique.

 

Parle-nous de la démarche écologique de matmo & co.

Chez matmo & co, on travaille avec du bois transformé (medium, contreplaqué) : nos produits ne peuvent de facto pas être totalement écologiques. Cependant, on croit fortement en une démarche zéro déchet. C’est pourquoi on utilise une fraiseuse électrique qui offre de la précision dans l’usinage et limite nos pertes.

 

Comment gères-tu tes déchets ?

La gestion des déchets commence au moment de la conception. Les artisans comme les industriels sont confrontés aux déchets. Un industriel cherche à réduire ses déchets dans une logique de rentabilité. Pour moi, cet objectif est éthique. Les déchets, je n’en veux pas. Pas parce qu’ils me font perdre de la matière et donc de l’argent, mais parce que cela m’embête de devoir jeter et gâcher.

Propos recueillis et mis en forme par Arthur Courant, Daphné Malka et Félix Dario 



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